Chers lecteurs qui, eventuellement, passent encore sur ce blog laissé en friche depuis maintenant presque trois-quatre mois.
Tout d'abord, je vous dois une explication sur ce très long silence. A mon arrivée en Catalogne, j'ai pensé ce blog comme un moyen de vous faire partager ma joie d'être ici, mes aventures, mais aussi mes peines et mes angoisses. Il m'a été d'une grande aide dans les premières semaines et dans les premiers mois quand il m'a fallu prendre mes marques, découvrir la vie autonome et les moeurs d'un nouveau pays.
Aujourd'hui, les choses sont différentes. Je ne ressens plus du tout ce besoin d'écrire. Il n'y plus de surprises, le mode de vie catalan est devenu habituel. La rédaction du mémoire suit son cours et il doit être terminé avant le 31 août. Il y a donc encore du pain sur la planche
Les derniers jours de juin ont été des moments pour le moins intenses et parfois difficiles. Les examens sont terminés (et ce sont bien passés) et nous avons fais beaucoup de fêtes de départ.
Je n'ai jamais aimé dire "au revoir". Pendant cette année, j'ai vécu presque quotidiennement avec un groupe de personnes. Nous sommes devenus très proches, tous liés par cette expérience très enrichissante sur le plan humain mais impossible à relater aux personnes extérieures. Depuis le début, nous savons que cette expérience est limité dans le temps mais la perspective de voir venir les dernières semaines, puis les derniers jours restent difficiles. Par chance, nous avons réussi à programmer un week end de retrouvailles fin juin. Tout le monde était là, même ceux du premier semestre. Il est inutile de vous dire que l'émotion était à son comble pendant la fête mais encore plus le dimanche quand il a fallu se dire au revoir, cette fois ci pour de bon. Bien evidemment il y a une quantité de larmes, c'est ça aussi l'expérience erasmus.
Nous avons, je pense, pendant toute cette anéée profité de tous les instants que nous avons passé ensemble. Toute cette somme de choses, parfois insignifiantes resteront dans nos souvenirs et dans nos photos. Une chose est sure, je ne pourrai plus regarder L'auberge espagnole ni même écouter sa bande originale avant un moment : trop de souvenirs, trop d'émotions.
Aaaaah ma petite Barcelone et ma chère Catalogne. Lors de mon première voyage Emmanuelle m'a dit " Quand on y a gouté, on ne plus s'en passer". Cela est vrai depuis 7 ans. En restant ici un an j'ai accompli un de mes objectifs et valider le mémoire en sera l'apothéose.
Privé de la présence de mes camarades erasmus, c'est une nouvelle et courte période qui s'ouvre : beaucoup de travail bien sur mais aussi de nouvelles rencontres : une nouvelle coloc au 449/451, passer plus de temps avec des amis catalans etc...
Ils me manquent tous à leur manière, nous nous reverrons mais ou ? quand ? et dans quelles conditions. L'alchimie sera toujours là car nous sommes tous liés par ce que nous avons vécu ici mais rien ne sera jamais comme avant, sauf à revenir tous ensemble dans cette belle ville.
Cette nouvelle étape me confère aussi un sentiment : pour la première fois le vent du retour arrive à mes oreilles et je dois confesser que son bruit me fait peur. Revenir en France, retrouver son président et sa clique, ses réflexes exaspérants teinté de poujadisme et l'arrogance de certains de ses habitants ne me fait pas envie. Ne voyez pas dans ces propos un quelconque snobisme. Le constat est sévère, surtout de la part d'un français mais une année à observer notre pays de l'extérieur m'a livré de tristes enseignements. Ce pays a un grand potentiel mais se trouve dans une torpeur intolérable. Je meurs d'envie de mettre un bon coup de pied dans la fourmillère que tout ce petit monde se réveille. Il faut aussi ajouter à cela la perspective du retour à la maison, le grand moment de la présentation et de la soutenance du mémoire puis le choix de l'orientation universitaire.
Ma foi en le métier que je voulais faire est ébranlée : un directeur de chez l'Oréal impose une formation stupide, les postes diminuent chaque année, les insultes les plus humiliantes fusent d'une bonne partie de la société, les faits divers avec ou sans armes se multiplient. J'ai pour ambition d'éveiller les consciences, de transmettre un savoir et des valeurs républicaines mais dans ces conditions...ce travail n'a plus de sens. Je suis, de ce point de vue, plutôt abattu. Le master de varsovie pouvait être une voie de secours mais la candidature a hélas échoué près du but. Il faudra donc serrer les dents en attendant le retour du temps des cerises...
Toutefois, tout n'est pas si noir. Dijon est une ville que j'aime beaucoup. Je vais y retrouver des amis, de la famille et des repères. Les premiers temps seront difficiles puis le normal reprendra son cours.
Cet article sera, je pense, un de mes derniers. Merci aux lecteurs et une pensée spéciale à tous mes camarades erasmus:
- Mathilde, c'est une chance d'avoir croisé son authentique gémeau
- Agathe, ma meilleure ennemie
- Sandra, courageuse voisine pour me supporter mais égoïste des bonbons
- Mehdi, gringo en chef :)
- Eleonora, calamité économique de la communauté de Valence (churros)
- Arnaud, un des rares etres humains à pouvoir survivre au groucho
- Denis, symbole de réussite sociale : on peut être corse, vivre à paris et mener de belles études de medecine
- Pablo, pour notre amour partagé de la Catalogne ;)
- Delphine, apprentie vigneronne
- Elisa, ma première voisine qui comme moi a connu la souffrance de la vila universitaria
- MariF, au taquet 24h/24 7j/7
- Rémi, the lord of the geeks
- Mirana, épouse de Casper (on ne l'a jamais vu !!! ^^)
- Sol, cousine de Valence, subit les dégats d'Eleonora
- Paloma, co-fondatrice de la Republica independiente de Gracia
Pardon si quelqu'un devait manquer dans cette liste :)